Empathie chez le tout petit

Trouver des clients

Empathie chez le tout petit – neurones miroirs et face humaine, extrait Mémoire de musicothérapie « La musique au service de l’éveil des compétences psychosociales chez les tous petits en coopérant avec les crèches et les familles ». Emilie DEMOND

Le cerveau des tous petits est immature, fragile et malléable. Toutefois, dès la naissance, le bébé est capable « d’empathie affective ». Il peut percevoir les états émotionnels des personnes de son contexte. Entre 2 et 4 ans, il devient capable « d’empathie cognitive » (attribution à l’autre des émotions, des intentions, des représentations mentales…). C’est avec l’aide de ses proches qu’il mettra des mots sur ses vécus émotionnels, afin de mieux les partager, de les comprendre et d’analyser ce que les autres expérimentent.

Le cerveau réalise un vrai phénomène de résonance interne projeté comme guide de compréhension d’autrui (notre bibliothèque internes des possibles, ce à quoi se restreint notre perception et compréhension du monde : ressentis de notre vécu, vie réelle, nos lectures, vécus par procuration type films, rêveries, jeux et stimulations).

On doit cette aptitude aux neurones miroirs qui sont des outils remarquables de la vie en groupe et base même de notre besoin de lien social. Des systèmes miroirs innés existent chez le bébé pour :

L’analyse du mouvement des mains

L’analyse de l’expression du visage ou de la mimique, le poussant à imiter les grimaces qu’il peut lire sur les visages affectivement proches de lui (fonctionnement en miroir des neurones de la face). Cela a une forte résonance émotive sur le cerveau. Le bébé peut ainsi développer de la détresse et des troubles chroniques du comportement si dans ces échanges, il manque l’expression d’une certaine affection, ou d’amour sur le visage de la figure de soins. Dans l’histoire de l’évolution de l’homme, cette capacité a permis la survie de l’espèce. L’enfant obtenant un retour positif en cas de synchronie et d’imitation de l’expression faciale de sa mère, développera tôt sa perception émotionnelle et mémorisera les effets sur l’environnement de ces mimiques, tensions, pleurs, réprimandes, cris…. Peu à peu, il saura en jouer avec son entourage. Dans toutes les expressions faciales décryptées, les deux régions des yeux et de la bouche véhiculent 90% de l’information nécessaires au décodage émotionnel.

L’empathie, clef des relations sociales coopératives, repose donc sur les systèmes miroirs de reconnaissance des expressions en créant un lien fort avec leur valeur intentionnelle et émotionnelle. Son développement est très sensible au milieu, à la culture, au niveau de vie mais également au niveau de testostérone atteint in utéro, plus élevé en cas de foetus mâle, celle-ci diminuant les capacités empathiques et les possibilités d’expressions faciales des émotions. Elle sert de base à la fourniture des informations sur les actions d’autrui et sert de socle de base aux CPS (coopération, solidarité, altruisme). Elle est influencée dans son intensité par divers facteurs :

Degré de parenté ou du lien affectif liant deux sujet

Degré de connivence et sensibilité face à un sujet

Passif familial (effet épigénétique)

Etat métabolique (faim, sommeil, stress, froid, hormone…)

Il s’agit d’un moyen d’analyse affective et non cognitive. Mais attention à nos sociétés actuelles qui mettent en péril l’avenir des neurones miroirs. Le SMS et l’immédiat sont la négation même du fonctionnement des neurones miroirs et de la communication complète avec autrui, verbale comme non verbale. On a créé un lien dépersonnalisé par écran interposés. L’isolement tue surement autant que la maladie, ou la famine auparavant. Le bien-être de tous dépendra du respect de ce besoin élémentaire de qualité du lien et d’empathie.

Réf.
Delage, M., (2013) La vie des émotions et l’attachement dans la famille. Paris : Odile Jacob.
Ogden, P., Minton, K., Pain, C., (2006) Trauma and the body. New York : W.W. Norton.
Lecourt, E., (2011) Le sonore et l’écoute empathique groupale. Le journal des psychologues, 286 : 27-29.
Catherine Gueguen ref p.70

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *